Les oiseaux se cachent…

… pour mourir… et apparemment les chiens aussi…

Petit billet hommage parce qu’il l’a quand même bien mérité.

Uthao a déboulé dans ma vie en 2003, je suis en plein dans mes études. En ville… J’ai du mal avec la ville, ma campagne me manque, les balades dans les bois, l’affection de ma toutoune. On a toujours eu des chiens à la maison, des chiens de chasse mais aussi d’autres chiens, quels compagnons ça fait ! J’ai grandi avec Ulysse, Jack, Guiness… et Punkie. Toujours une truffe pour te réconforter. Donc à Lyon je me sens tellement seule dans mon appart, au milieu de tous ces gens dans l’immeuble, dans la ville, dans le métro.

Alors quand on me propose cette boule de poils, bien sûr que j’ai accepté. Un caniche. Sérieux Drine, un caniche, toi qui rêve de husky, de malamute, de chien loup tchèque. Sauf que voilà, à Lyon, on le rend malheureux le husky, enfin c’est mon avis perso. Surtout que mes études me prennent un temps fou. Donc te voilà, tu es juste parfait. Petit, gentil, joueur, et tellement affectueux. Très vite propre, tu es le seul chiot que je connais qui ne fait pas de bêtise. Sans déconner, jamais. Un jour tu as renversé la poubelle et je pense que ça t’a fait tellement peur que tu n’as même pas éparpillé les papiers ! Tu n’as jamais rongé un meuble ou une chaussure. Bref, Lyon d’abord, puis j’ai eu mon diplôme, donc on s’est installés, en couple, un peu plus à la campagne, pendant 2 ans, mais pas encore assez. Donc on est venus dans ce village perdu dans les montagnes foréziennes en 2006, et bien sûr que tu as suivi. Tu as vu naître ma fille en 2008, tu as eu une patience d’ange avec elle, toujours prêt à jouer, jamais tu ne lui as montré les crocs ou grogné.

En 2010, un petit compagnon est venu te rejoindre, un chat. Ta réaction fut juste hilarante. Après avoir passé facile 4 jours à l’ignorer royalement, un jour alors qu’il était recouvert de pâtée jusque derrière les oreilles, ta gourmandise a pris le dessus, tu as léché cette chose qui venait sur ton territoire, et lui qu’on avait récupéré dans la rue, il n’attendait que ça, et c’est devenu ton meilleur ami.

Je t’ai même vu le défendre face au terreneuve du voisin, qui a fait demi tour devant tant d’opiniâtreté !

Enfin, tu as vu naître mes deux autres enfants, toujours là ! Toujours prêt à aller chercher ce qu’on te lance, c’est même un peu ton obsession, la balle la balle la balle !! On a fait des tonnes de balades. Bon, tu as bien ce souci de dos qui t’embête un peu mais en général ça ne t’empêche pas de courir et sauter partout.

Tu m’as surprise de nombreuses fois, comme ce jour où j’écoutais un enregistrement de hurlements de loups et que tu t’es mis à hurler avec eux, une voix rauque, que je ne te connaissais pas. Surprenant pour un caniche…

« Il est très attaché à vous »

C’est la réaction du véto un jour où tu cachais ta tête sous mon bras pendant qu’elle t’examinais. Je l’ai regardée avec de grands yeux. Bien sûr, et moi aussi ! Ça me paraissait tellement normal que je ne comprenais même pas qu’on me fasse la remarque. Je pense qu’elle m’aurait dit « la pluie ça mouille » je l’aurais regardé avec les mêmes yeux éberlués !

Et puis, il y a deux ans, peu après tes 15 ans en fait, je t’ai vu « décompenser » comme on dit en langage médical. Ton dos est d’abord redevenu un vrai souci. « Il a mal votre chien, il dit rien, ne se plaint pas mais il souffre » ça m’a brisé le coeur. Tu es en bonne santé avec un coeur très fort et tes reins fonctionnent bien, donc on est partis sur anti-inflammatoires 10 jours par mois. Tiens, j’y repense, ce jour là, il m’a dit autre chose le véto, devant mes caresses et ma façon de m’occuper de toi : quand il va partir ça va être dur pour vous, il faut vous préparer. Je confirme. Bref. Tu as repris de l’appétit et recommencé à jouer, enfin, un peu parce tes yeux fonctionnent mal donc tu ne vois plus quand on t’envoie la balle… Puis tes reins ont lâché, le traitement, l’âge, tout ça… Mon indicateur quand tu vas mal ? le chat qui ne te dérange plus. Lui qui n’hésitait pas à te virer de ton propre panier, il ne le fait plus et se couche à côté. Le vétérinaire m’a expliqué qu’il y a une sorte de respect des anciens chez les animaux…C’est devenu un peu compliqué parce que tu fais pipi là où tu te trouves, alors si on ne te fait pas sortir sans que tu réclames, hop les pieds dedans. Mais les enfants sont habitués à guetter les flaques. « mamaaaaan pipiiiii » c’était quasiment les premiers mots du petit dernier !

Je m’étais toujours jurée d’être là jusqu’au bout, si jamais on devait te faire la piqûre, je serais là, tu partirais dans mes bras. Tu en as décidé autrement. Enfin, c’est ce que je me dis parce que j’ai encore pas bien compris. Ce matin là, tu es sorti faire tes besoins, en général, tu fais le tour de la cour, ton périmètre de marche est très réduit, et quelques minutes plus tard un de nous te fait rentrer quand tu viens couiner derrière la porte. Mais ce jour là tu n’es pas venu derrière la porte. Tu as juste disparu. J’ai cherché dans tous les fossés, tous les prés, fouillé tous les buissons, partout, j’ai demandé à tous les voisins, rien. J’ai imaginé les pires scénarios, je t’ai imaginé pleurer dans un buisson de ronces quand la nuit est tombée. Mais tu n’étais nulle part.

Alors on m’a raconté un truc, que je ne savais pas. Il y a des chiens qui partent quand ils sentent que c’est la fin, mourir plus loin, loin de leur maître et des endroits où ils se sentent bien. Pourquoi je ne sais pas mais j’ai eu des tas de témoignages de ce genre. Alors je me persuade que c’est ce qui s’est passé, parce que je veux pas imaginer autre chose, qu’une voiture t’ai tapé, juste devant ma porte vu que le plus loin que tu allais c’était à 5m, et qu’on t’ai emmené pour te jeter plus loin. J’ai appelé les vétos, ils ne t’ont pas vu. Tu étais tatoué mais au bout de 17 ans, le tatouage était à peine lisible. Donc je vais me persuader de ça, que tu as voulu partir et que tu es allé au bout de tes petites forces, pour pas que les enfants tombent sur toi sans vie… Mais c’est dur de pas avoir pu t’enterrer dans le jardin. Je m’attendais à ton départ, à 17 ans je le savais bien, mais pas comme ça.

Enfin, même si tu étais devenu très discret parce que tu passais tes journées à dormir, tu me manques. Et à tout le monde ici. Le petit m’a disputée lorsqu’il a vu que j’avais rangé ton panier « et i va dormir où Thao ?! » Je lui ai juste dit que tu étais parti…

Je finis ce billet avec cette chanson de mon enfance, un des plus beaux hommages rendus à un chien que j’ai jamais écouté. Adieu ma boule de poils.

En soirée avec les enfants… la peur…

Depuis l’histoire de la petite Maëlys qui a disparu lors d’un mariage, une peur s’est instillée dans les esprits des parents, en tous cas dans le mien et celui de mes proches.

Hier soir, nous étions nous aussi dans une fête, dans une bourgade de campagne, un endroit tranquille, les enfants jouent et courent partout. Et alors que ma grande a 9 ans (comme Maëlys), et ma deuz’ 5 ans, en temps normal, elles jouent, se font des copains, courent partout, font d’innombrables parties de cache cache avec les nouveaux copains, dans cet endroit qu’elles ne connaissent pas et donc tout est à découvrir ! Mais hier, ce n’était pas comme « d’habitude ». En temps normal, je garde vaguement un œil sur elles, sérieux, on a rien à craindre, la route est loin et peu fréquentée. Les gens ici sont tous des amis de nos hôtes, elles sont en sécurité. Alors bien sûr qu’on regarde où elles sont, mais pas en permanence, pas à chaque instant. Comme tous les parents je pense. Si il faut qu’on commence à courir sous les tables pour trouver leur super cachette, on y passe notre soirée ! Et ben maintenant c’est exactement ça…

J’ai toujours eu l’angoisse de l’enlèvement, déjà à la maternité pour numéro 1, alors que j’étais en chambre double, donc la douche se situe dans le couloir, il était pour moi hors de question de laisser mon enfant seul. J’ai systématiquement attendu quelqu’un pour la prendre. J’ai voulu la laisser à la nursery, on m’a répondu « non mais dans votre chambre ça craint rien ! » Ben si, c’est vite fait, on ouvre la porte, on prend le bébé qui dort, on referme la porte, on prend l’ascenseur, allez, 18 secondes pour le tout. Donc non. Et cette peur n’est pas passée, les 3 fois j’ai fait pareil. Et je vous avoue que j’ai demandé une chambre seule presque pour cette unique raison, avoir une douche dans la chambre, et le berceau me suivait dans la salle de bains…

Ensuite, vos enfants grandissent, et on leur laisse un peu d’autonomie, surtout dans nos patelins paumés. Franchement y’a rien à craindre, y’a personne qui vient ici, tout le monde se connait. Et puis l’année dernière il y a eu plusieurs signalement dans les patelins alentours de mecs en voiture qui rodent à la sortie des écoles et cherchent à attirer les enfants sous toutes sortes de prétextes. Alors on en parle, les filles sont grandes, elles peuvent comprendre « ne montez pas en voiture, avec personne, sauf si nous sommes au courant » Non parce que leur filer la peur de l’inconnu c’est bien, mais le jour où un type du village pète un plomb, ben on l’a pas vu venir.

C’est ça qui est nouveau dans la peur, c’est que c’est pas d’un inconnu dont il faut forcément se méfier, non c’est tout le monde. On est pas dans la vie des gens et certains cachent bien leur jeu…

Et ben hier, cette peur est là, lancinante,  le papa à côté qui d’un coup a un petit vent de panique qui passe derrière ses yeux lorsqu’il n’arrive pas à trouver son enfant du regard, et toi, elles sont où tes filles ? Tu étais occupée avec bébé qui ne trouve pas son sommeil avec la musique, ou pire, tu es sortie l’allaiter dans la voiture 5 min, elles sont où ? Ah tu aperçois la grande qui enflamme la piste de danse, mais la petiote, elle est où ? Couchée par terre, en train de jouer à la barbie avec sa cousine, ou en train de dessiner. Ben mine de rien il y en a eu des parties de cache cache où elles ont gagné parce qu’elles sont fortes, mais du coup pendant la minute où personne ne les voit, ben ton coeur s’emballe…

J’imagine que comme toute nouvelle peur, on va apprendre à vivre avec. Et puis voilà, on est parents, on est là pour ça, avoir peur, et aussi culpabiliser, c’est dans la définition du petit Larousse… Mais on va essayer de pas trop le montrer, de pas les enfermer et de vivre le plus naturellement du monde, comme si de rien n’était… Parce qu’on pourra jamais les protéger de tout, même si on aimerait bien…

Un bain à l’école

Une drôle d’idée ?

Bébé n°3 est né cet hiver. Et en allant chercher n°2 en maternelle, la maîtresse m’a fait une drôle de proposition: est ce que je pourrais venir lui donner un bain devant la classe de maternelle ?

Un petit gars, alors que le bain d’une petite fille qui a quelques semaines de plus que lui est déjà prévu. « C’est dans le programme ! » me dit la maîtresse. Bon ben moi je n’y vois aucun inconvénient, j’ai bien aimé le projet loup il y a quelques années et le contact avec les enfants, alors venir parler de bébé et montrer des gestes de soin, oui !

Nous avons attendu l’été et la chaleur pour faire ça parce qu’ici, en montagne, l’hiver est quand même un peu trop froid pour prendre un bain en classe… Et donc juste avant les vacances, c’est parti, branle bas de combat, j’emmène la moitié de ma salle de bain à l’école ! Nous avons rendez vous à 9h. Bon déjà quand j’arrive, je dois retaper un sprint à la maison car pour le goûter collectif, n°2 n’a pas emmené ce qu’il fallait : un fruit, au lieu de ça elle m’a fait mettre une compote dans le sac… Faudra que je vous en parle de ces goûters collectifs aussi, l’expérience est sympa !

Bon, la baignoire, le sac à langer, le chauffe biberon pour l’en-cas, j’ai tout, c’est parti ! Les enfants nous attendent dans le « coin regroupement ».

Présentation de bébé

On discute un peu de bébé d’abord, des différences avec la petite minette qu’ils ont vu la semaine d’avant. Déjà un garçon/une fille. Ouais mais là c’est pas franchement évident. Bébé a un pyj’ bleu, mais les filles aussi peuvent mettre des vêtements bleus ! Bon, ça on verra plus tard..

Bébé se tient devant moi sur ses jambes, il aime être debout, ou alors assis mais couché dans mes bras nooooon ! Ça c’est une vraie différence, la petite minette elle ne se tenait pas assise. Il faut savoir qu’elle est née un mois plus tôt mais d’une grossesse gémellaire et avec un mois d’avance, donc l’évolution n’est pas la même. On parle du fait que les bébés ne tiennent pas leur tête et on en cherche la cause. Pas assez forts… oui mais surtout, cette tête, elle est énooOoorme par rapport à la taille de bébé. Et là je regrette de pas avoir d’illustration pour leur montrer. Alors je leur dis que si leur tête avait la même taille par rapport à leur corps, elle serait de la taille de l’énorme ballon de gym. Et on part tous à rire, on aurait de drôles de têtes en effet ! On parle des yeux de bébé, la semaine dernière la maman de la petite minette a dit un truc que j’ignorais, et la maîtresse aussi : les yeux de bébé ont leur taille définitive dés la naissance !

Par contre j’essaie de leur montrer un retournement, pas moyen, bébé a sommeil et pas envie de faire de la gym !! Il s’agite, je le cale contre mon bras et là il cherche à téter pour se rassurer et s’endormir mais non, maman veut pas, étrange ça. Bon il va se servir de mon bras alors.

Il faudra que je (re)fasse un post sur l’allaitement… Mais nous en avions discuté avec la maîtresse et je ne voulais pas l’allaiter devant les enfants. Même si mes nièces et neveux n’ont eux pas eu l’air choqués le moins du monde (ça ne « choque » que les adultes ce geste naturel) et m’avaient posé une foule de questions, je ne préférais pas. 20 paires d’yeux rivés sur mes seins je ne le sentais pas du tout 😀 Mais on en parle, bébé tête mon bras, ça intrigue les enfants… Il n’a pas de sucette ? non il n’aime pas ça. Et son pouce ? il suce son pouce ? non plus… Pour bébé, le doudou/pouce/sucette c’est maman ! Un peu gênant quand je suis au boulot mais bon. Et donc on explique l’allaitement avec la maîtresse. Les enfants savent que nous sommes des mammifères et que le principe c’est qu’ils ont des mamelles pour nourrir leurs bébés. Ici c’est la campagne et ça parle à tout le monde ou presque. La sœur de la petite minette nous explique que sa maman tire son lait pour nourrir les jumeaux, elle ne les met pas au sein mais ils ont quand même le bon lait maternel. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui, je leur ai amené le tire lait électrique, je sais que ça va leur plaire cette machine, mais on verra tout à l’heure.

Pour l’instant, feu, on change d’endroit, c’est l’heure du bain ! Avec l’ATSEM on essaie de remplir un peu la baignoire mais la température est très basse, à peine 30, l’eau chaude est bloquée dans cette partie du bâtiment… C’est léger 30, je comprends alors pourquoi la petite minette a pleuré pendant le bain la semaine dernière…

Ce truc qui dépasse là !

Je déshabille bébé, et là, quand j’enlève la couche, on peut en venir à un point déjà abordé: il n’est pas fait comme la petite minette ! Et là il s’est produit un truc rigolo : la maîtresse demande aux enfants ce qu’ils voient comme différence, et la sœur de la petite minette dit: » Ma sœur, elle avait pas de zizi ! » et la maîtresse lui répond « mais si ! » dans le sens où zizi = sexe, « elle avait bien un zizi, mais un zizi de fille ! » Et la grande minette me souffle « ma sœur elle avait pas ce truc qui dépasse là ! » Et c’est marrant parce que j’avais justement lu un article là dessus il y avait peu de temps sur la façon de nommer le sexe, à propos d’un livre qui avait fait polémique en réduisant le sexe des filles à un moyen de faire pipi. Donc je souffle à la grande minette:  » ça c’est un pénis ! Et oui, ta sœur n’en a pas ! » J’ai hésité à rajouter « ta sœur elle a une vulve » mais je me suis dit que la maîtresse allait me tourner des grands yeux…

Bon, on a fait le tour de l’anatomie de bébé, on passe au bain proprement dit !

Le bain

Bon, tout est prêt, et je m’apprête surtout à faire vite pour ne pas qu’il prenne froid ! Je trempe bébé, le froid le surprend et il se met à pleurer, je le savonne vite vite, la maîtresse fait remarquer aux enfants ma main sous sa tête, puis je le rince et l’assieds dans la baignoire car je sais ce qu’il va faire et que ça va leur plaire ! Pas manqué, une fois assis, comme à son habitude, il se met à taper dans l’eau et ça éclabousse tout le monde ! Il voit qu’il déclenche des rires alors il continue de plus belle !!

Avant que la salle ne se transforme en grande piscine, je le sors, mais j’ai senti les enfants un peu déçus, en plus c’est la canicule en ce moment, même si chez nous c’est pas très violent (rarement plus de 30…) Je le rhabille et on va passer à la dernière étape de notre petite démonstration, l’en-cas !

Le casse croûte de bébé pour finir

Avant de venir j’ai tiré mon lait et j’ai donc un joli bibi de 150ml. Je le fais réchauffer (l’occasion de présenter le chauffe biberon) et nous reparlons de l’allaitement, et donc du tire lait. J’ai amené le tire lait électrique que j’ai en location. Je le mets en route et je leur fais sentir sur leur main la petite dépression qu’il fait. J’ai une foule de petites mains qui se bousculent pour sentir, c’est rigolo ça aussi. Enfin bébé boit son bib et on en profite pour débriefer un peu.

Mais ça a été long (1h30) et je sens les enfants fatigués. Ils ont faim, envie de partir en récré. Je les laisse donc vaquer à leurs occupations et je plie bagage.

À midi quand je suis venue chercher les filles, tous les petits sont passés saluer bébé, c’est leur pote maintenant !

Une belle expérience 🙂

Nostalgie…

Samedi on a eu une très belle journée de printemps.

Bébé était pas très bien et dans ces cas là le meilleur remède c’est encore de le mettre tout contre moi dans le porte bébé et d’aller dehors… On est restés là comme ça, à écouter les oiseaux qui s’en donnaient à coeur joie. Des mésanges de toutes origines, nonnettes, bleues, charbonnières, des pinsons, des moineaux, des bergeronnettes, et j’ai même aperçu des martinets haut dans le ciel !! Ah ça sentait vraiment le printemps… Et d’ailleurs les odeurs n’étaient pas en reste, c’est juste impossible à décrire, indéfinissable. L’odeur de printemps.

Et là ça m’a envahi, ce manque douloureux tout au fond, des souvenirs d’enfance qui remontent brutalement.

La cabane qu’on faisait dans les bois derrière la maison de papy mamie, un bric à brac de branches et de planches, oh elle était pas jolie comme on voit parfois dans les films, mais on y avait mis du coeur et elle résistait presque à la pluie.

Les descentes en luge, tout le pré, puis le jardin de papy en évitant les choux qui sortaient la tête de la neige, on sautait le talus et jusque sur la route ! Un coup l’arrivée fut brutale et la luge s’est fendue en deux par le milieu !
Puis on rentrait, trempés jusqu’aux os, les joues rouges d’avoir joué, remonté ce pré en traînant la luge 50 fois, et un peu à cause du froid aussi. Mais mamie sortait ses armes secrètes : tout se concentrait autour du poêle, son chauffe-pieds dans lequel elle mettait des braises toutes rouges qu’elle prenait dans le foyer, et son lait qu’elle faisait réchauffer sur un coin du poêle…

Les jeux dans le foin lors des fenaisons, cette odeur ! On sautait de plusieurs mètres jusque dans le gros tas de foin en bas de la fenière et on riait, qu’est ce que c’était drôle ! Bon ça grattait un peu après, mais on secouait les vêtements et c’était reparti !

Et quand on amenait les vaches en champ avec mamie et Loulette la chienne. On montait dans un pré pas très loin et on s’asseyait dans l’herbe pendant que les vaches broutaient. Mamie avait amené son tricot et une pelote de laine et me fabriquait un petit pompon. On l’accrochait au collier du chien, puis quand le soleil commençait à baisser sur l’horizon, on redescendait tout ce petit monde à l’écurie.
Il fallait traire, ils avaient une machine qui faisait ça mais mamie me remplissait d’abord à la main un petit bol de « lait bourru », juste à bonne température, je me souviens que j’adorais ça alors que je suis pas vraiment une grande fan de lait… Et des fois elle me laissait essayer, cette brave vache était bien patiente. D’ailleurs elle avait un nom, Ribande, Blanchette ou Noiraude, pas un numéro en tous cas…

On dirait que je parle du début du XXème siècle mais non c’est pas si vieux…

Le manque est vif.

Ces dernières années, je montais souvent discuter un moment, on partageait nos expériences, peu importe l’âge, les sensations de maman, c’est un peu toujours les mêmes… Ses paroles les plus marquantes ? Quand je lui ai raconté que j’avais fait un cauchemar, numéro 1 avait quelques mois, j’ai rêvé qu’il lui arrivait des horreurs, je me suis réveillée en larmes. Et là elle me dit « ah mais ça, tu vas l’avoir à vie, le souci, l’inquiétude pour tes enfants, même quand ils ont plus de 50 ans… D’ailleurs je trouve ton père un peu pâle en ce moment, il est fatigué non ? » Papy lui, a mal au dos. Peut être lié à ses 80 ans passés, ou peut être parce qu’il a été bêcher les pommes de terre hier…  Qui sait ? En tous cas, il se cachait pour manger un bout de lard, parce que sinon mamie le disputait (« ton cholestérol !! »), elle prenait bien soin de lui. Et quand les analyses de sang arrivaient, on aurait dit des enfants qui comparaient leur bulletin scolaire !

Tous ces moments si légers qui s’envolent en laissant le coeur si lourd…

Clic clac, fermée la porte…

Tout cela m’est revenu en pleine tête samedi par cette tellement belle journée de printemps.

La fin du « Projet Loups » de l’école

Comme je vous ai expliqué il y a quelques mois, l’école de ma fille a fait une activité suivie tout au long de l’année, alternant avec les trois cycles, sur le loup. Comme j’avais un peu initié le truc, j’ai tout suivi. D’abord le cycle 3 sur l’article que je vus avais partagé, des échanges passionnants avec des enfants intéressés.

Ensuite le cycle 1, des tous petits mais qui ont entendu parler du projet et de Mickaël. Je suis surprise, on tient 40-45min à discuter avec ces petits qui ont aussi tout un tas de question. Pas les mêmes que les grands, ici, on ne parle presque pas des troupeaux de brebis qui se font attaquer, non, mais on parle plus du Petit Chaperon Rouge. Enfin, je me suis laissée guider par leurs questions, comme la première fois et ça donne un échange totalement différent mais tout aussi intéressant !!

J’ai terminé par le cycle 2, celui de ma fille, idem, autres questions encore, mais là, ils étaient déjà calés, c’est que les grands/petits frères et soeurs avaient déjà bien causé du truc à la maison.

Donc à chaque fois, j’interviens, puis l’animatrice alterne sur les semaines suivantes les interventions de Mickaël par Skype (il peut aussi se connecter sur Hangouts et on réfléchit à d’autres moyens encore !!) et les activités sur le thème du loup, adaptées à chaque niveau.

Alors les enfants s’expriment ! attention les yeux !!

2015-06-20 13.43.10 2015-06-20 13.43.24 2015-06-20 13.44.12 2015-06-20 13.44.51(je m’excuse pour la qualité des photos mais j’ai pris ça avec mon téléphone le jour de la kermesse)

Enfin, elle a un projet en fin d’année, emmener les enfants au parc de Courzieu. C’est pas très loin de chez nous, il y a des loups, des parcours pédagogiques, des oiseaux, et même des escargots !!! Elle ne sait si ce sera possible, les différents professeurs ont déjà des projets pour leurs classes respectives. Et puis si, ça se fera, on emmène toute l’école !!!

Moi je pose ma journée au cabinet. Mes filles passent avant mon travail et mes patients ne m’en voudront pas de les abandonner pour une journée, vu le souvenir qu’il va nous rester à ma fille et à moi !!!

Et une surprise attend les enfants devant les portes du parc : Mickaël est venu nous rejoindre ! Alors comme toutes les stars de renom, ils se disent que c’est pas possible, que c’est pas la même voix, qu’il n’a pas son bonnet (il fait 25 les enfants !!), que sa barbe était plus courte/longue !! Ils m’ont bien fait rire !!

SONY DSCphoto paparazzée du fameux Mike incognito

Le planning est très serré, il ne faut pas se rater. D’abord, avec tout le cycle 2, nous voilà faire le tour de la vallée des loups, tour qui se veut pédagogique avec des panneaux qui expliquent la biologie du loup, sa répartition, tout ça en suivant une petite louve née au parc, Taïga. , un parcours ludique aussi avec le toboggan de la gueule du loup qui vous fait arriver dans le noir ! (et d’ailleurs si un certain Angelus me lit, ils n’ont pas appuyé sur le bouton où le loup te fait pipi dessus !!!!!)

On fait la terrifiante maison des pièges (sérieux si vous y allez, pas en dessous de 6ans, ils sont terrorisés sinon, nous ça allait mais le groupe devant nous hurlait…)

Puis le « spectacle des loups ». Enfin, le nourrissage quoi. Comme beaucoup, je commence à avoir du mal avec ces parcs où les enclos, aussi grands soient ils, n’atteindront jamais même 10% du territoire qu’ils auraient eu dans la nature… Bref, je mitraille un peu, parce que le souci c’est que dans la nature, ben les loups, on les voit pas ! Ou alors tourner du derrière au loin, mais du coup voilà, quand on essaie de faire un joli diaporama (à venir), et ben si tu veux mettre une gueule de loup, il vaut mieux avoir des photos de loups captifs…

SONY DSCles deux loups dominés de la meute

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(ah ces regards quand même….)

Puis, pique nique, on papote avec Mike et des enfants, et puis on fait une activité pédagogique. Nous avons des fiches sur un arbre, et dans le parc quelque part, il doit y avoir son nom… alors mon groupe a passé 1/2h dans une forêt a travailler dur pour savoir si c’est bien cet arbre qui a des akènes. En plus les noms ne correspondaient pas forcément… Bref, heureusement que l’arrivée d’un autre groupe nous a indiqué où regarder, du côté des loups blancs, et là c’était facile, il y avait des panneaux reprenant texto les fiches, avec le nom de l’arbre au dos. Je tiens à dire aux enseignants que nous n’avons pas repris nos fiches à ce moment là et que les noms étaient ceux durement trouvés dans la forêt… Bref, il a fallu courir parce qu’ensuite, il y avait le spectacle de rapaces !!

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SONY DSCVoilà, il nous restait un peu de temps, nous sommes retournés dans le parc, puis est venu le moment de se dire aurevoir. Je pense que cette journée a duré 2h. Pas plus. Enfin, c’est l’impression que j’ai eu, et je dois quitter Mike…

Le retour en car fut… éreintant ! enfin je n’aurais jamais pensé que je serai plus fatiguée après ce genre de journée qu’une journée de travail à courir partout mais si !!!

Mais ce fut une très chouette expérience, toute cette année, du début à la fin !

Alors je le redis, si vous voulez faire pareil, c’est possible, il suffit d’un ordinateur et d’une connexion internet pour voir Mike (ouais je pense pas me déplacer dans toutes les écoles de France pour faire la première activité :p ) et après… et après, ça donne plein d’idées, les enfants adorent, autour du loup, mais aussi du sauvage, de la vie dans les forêts du Vercors, enfin, plein de choses sont possibles.

Je vous rappelle le site internet de l’association : http://peupleloup.info et le spécial tous petits avec des coloriages et des histoires contées : http://ptitloup.net

Je vous laisse avec la primeur de la nouvelle vidéo de présentation de peupleloup !


Découvrir le Sauvage avec Peuple Loup par peupleloup